Eau Douce

Aventures aquariophiles Suivez au jour le jour les aventures de nos poissons. Leurs amours, leur famille, leurs problèmes, leur états d'âmes. Des informations et des anecdotes pour tous les lecteurs, même les non aquariophiles

23 mars 2009

Patience et longueur de temps valent mieux que force ni que rage

Tu vois papa, certains proverbes chers à ton cœur ont réussi à passer à la génération suivante. Et j'ai envie d'ajouter "le pain n'est jamais dur, c'est de ne pas avoir de pain qui est dur", voire même "Schiess und Speck und Vögeli Dreck", mais là je m'égare...
Revenons donc au poisson qui nous intéresse aujourd'hui. Il y a de ça au moins relativement longtemps, si pas plus, nous avions fait l'acquisition de petits poissons colorés et vifs répondant au doux nom de Danio choprai. Le Danio choprai a cela d'intéressant qu'il a des couleurs plutôt rares (orange, vert, jaune, noir), qu'il est vif, et qu'il est censé se reproduire facilement.

Voici son joli minois:

daniochoprai9
Photo trouvée et que gloire soit rendue à R. Marcel pour avoir réussi une si jolie photo de ces bougillons de choprai.

Cette acquisition était porteuse d'un immense espoir que l'apparente facilité rendait palpable. En fait ça a été un échec retentissant jusqu'à il y a une semaine, et d'ailleurs si ça n'avait pas bien tourné à la fin, croyez-moi que je ne serais pas venue m'en vanter sur la large toile mondiale.
Revenons plutôt quelques années en arrière, au moment où les Danios sont placés dans un aquarium de 60 litres rien que pour eux. Optimiste, que dis-je, utopiste, je croyais que des petits alevins allaient se matérialiser sans autre effort de ma part qu'un nourrissage adéquat. RIEN. Le choprai se révèle un poil plus réfractaire que prévu. Qu'à celà ne tienne, si les parents mangent leurs jeunes, alors je sors les parents et je laisse éclore les oeufs (à ce moment-là j'y crois toujours, bien que je n'aie jamais vu ni alevin, ni oeuf). RERIEN.
Le bac de 60 litres étant réquisitionné par une meute de crevettes, les Danios ont visité plusieurs sortes de bacs, dont un 20 litres bourré de Ceratophyllum (RERERIEN), un 60 litres avec cuve de décantation susceptible de récupérer quelques alevins éventuellement aspirés (RERERERIEN), et finalement petit bout de 270 litres compartimenté en 5, bien planté, pour y finir leur vie tranquillement et éventuellement produire un ou deux alevins miraculés (RERERERERIEN).

Faisant fi des règles du récit en matière d'unité de temps et de lieu, je te transporte maintenant dans la fishroom il y a quelques semaines. Nous avons là un bac d'une ingéniosité folle: le bac en V, trafiqué par le talent de Monsieur Melano, à l'aide d'un bac et d'un V.

Cette merveille de l'innovation aquariophile la voilà:

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Derrière, le bac des adultes, au milieu le V avec un espace de 2mm entre les 2 vitres, devant une petite décantation avec une pompe qui rejette l'eau de l'autre côté du bac, créant un courant à travers l'ouverture et aspirant les éventuels œufs et alevins qui restent et grandissent dans le compartiment à alevins.

Ce bac abritait jusqu'à récemment un groupe de Tetra empereurs (Nematobrycon palmeri) et barbus cerises (Puntius titteya) qui nous ont déjà donné des tas d'alevins et méritaient des petites vacances au vert. Il a tourné à vide un moment jusqu'à ce que je décide d'y mettre un moment le reste du groupe de Danio choprai vieillissants, au cas où, on sait jamais, en désespoir de cause. Les semaines passent et je jette de temps en temps un regard dans le bac de récupération des alevins en me disant RERERERERERIEN et à quoi bon et toutes ces sortes de choses quand tout à coup, soudain et de façon tout à fait inopinée surgit ceci:

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et laisse-moi te dire que quand quelque chose surgit de façon aussi inopinée, il est forcément un peu flou

...d'où le titre de ce message...

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11 octobre 2008

Pseudomugil cyanodorsalis

Je commencerai par ça:

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Des mois que je l'attendais cette petit bulle de bonheur. Ses parents arrivent tout droit non pas d'Australie (ça c'est valable pour ses lointains ancêtres), mais d'un petit village de Moselle qui est à mes yeux un petit morceau d'Australie situé à peine à 4h de chez moi (ça fait un poil moins cher de transport).
A la suite d'un nouveau pèlerinage chez Arsène et Romain (piqure de rappel pour le voyage de l'an dernier) en début d'été, nous avons ramené dans notre besace isotherme quelques espèces dont ce petit Pseudomugil au dos bleu. Ce dos qui lui a d'ailleurs valu le nom de cyanodorsalis si j'en crois non-pas mes connaissances de latin qui frisent le zéro absolu, mais mon pouvoir de déduction casi-Sherlockolmesque.
Les Australiens le surnomment Neon Blue-eye. Et là je peux faire appel à ma connaissance approfondie de la langue de Shakespeare pour vous faire une traduction simultanée digne des plus grands dicos du web: le Zyeux-bleus néon. Et le voilà, tout rayé de bleu et de jaune, tel un garde Suisse:

vatican_garde_suisseAh nan scuz, ça c'est vraiment un garde Suisse

Re-voilà:

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Là il est pour ainsi dire en berne (sans vouloir faire de mauvais jeu-de-mot c'est pas mon genre). Quand il parade il reste inchangé pour ce qui est de la longueur de son corps, mais par contre il triple aisément sa hauteur:

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Désolée pour la qualité de l'image, ces petites bêtes vont à une vitesse!
Le Pseudomugil cyanodorsalis est petit par la taille (3cm à tout péter), mais immense par la vivacité. A l'heure de la parade, ce sont des multitudes de petits éclairs bleus et jaunes qui sillonnent le bac. Ce poisson supporte une grande diversité de conditions puisqu'on le trouve à la fois dans une eau presque marine et dans de l'eau casi douce à la saison des pluies. Il est pourtant conseillé de le maintenir en eau saumâtre pour qu'il vive plus longtemps et pour stimuler la reproduction.
Je maintiens un groupe d'une dizaine de poissons dans un aquarium d'eau saumâtre de 60 litres en compagnie de 5 Brachygobius xanthozonus. Pendant des mois, j'ai sorti des mops de mousse de Java à éclore sans le moindre résultat. J'ai remarqué après un certain temps que ce sont les petits gobies qui profitaient des pontes pour se remplir la panse.
Après avoir déplacé les gobies dans un aquarium à part (où ils se sont empressés à pondre soit dit en passant), j'ai enfin récupéré des touffes de mousse de Java dans lesquelles j'ai aperçu quelques oeufs. Il faut au moins 2 semaines entre la ponte et l'éclosion. Je n'ai pour l'instant qu'un alevin nageur, mais ce n'est qu'un début.

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08 mars 2008

Aquafisch 2008 à Friedrichshafen

Il y a dans la vie d'un aquariophile quelques moments de jubilation intense qui valent la peine d'être vécus. Il peut s'agir d'une éclosion d'alevins par exemple, mais d'autres fois, cette extase aquariophile est totalement planifiée et organisée, comme dans le cas d'une grand foire aquariophile. Et pour ce qui est des grandes foires, il n'y a pas meilleurs que les Allemands. Et justement, nos amis les Allemands nous ont concocté une de ces manifestations aquariophiles dont ils ont le secret juste à côté de la frontière Suisse. Personnellement, j'aurais préféré un truc du côté de Bâle, mais ils ont décidé de planter ça de l'autre côté du lac de Constance. Bon ok, la voiture sur le bateau ça amuse les gosses, les 4 heures de route jusqu'à la foire un peu moins par contre.
Un aquariophile qui pénètre dans Aquafisch, c'est un peu comme un chien errant qui arrive dans la fête de la saucisse, c'est l'écume aux lèvres qu'il découvre les bacs et le matériel proposé à des prix défiant souvent toute concurrence. Mais revenons sur terre, au niveau des poissons, il faut un peu chercher pour trouver la perle rare au milieu des wagons de guppies, platys, néons et autres Discus. Beaucoup de magasins de poissons n'ont pas fait dans l'originalité et ont visiblement cherché à plaire au plus grand nombre. Par contre le grand hit de l'année c'est les crevettes. Il y en a pour tous les gouts et toutes les bourses.

Par exemple cette Caridina Bee ou Bumblebee (je dois faire confirmer à des experts), on a acheté:

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Cette magnifique crevette Cardinale à tomber par terre:

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ça on n'a pas acheté, trop cher pour nous.

Au rayon des ventouses il y avait aussi quelques spécialités. Nous sommes rentrés avec une sorte d'Ancistrus qui est un peu différente du standard que tout le monde connait, c'est l'Ancistrus tamboensis, ou L89, ils font actuellement 4cm. Nous devrions être en mesure de les reproduire quand ils seront matures, :

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L'expo abrite aussi une bourse où on peut faire des affaires intéressantes avec des espèces rarement rencontrées en bourse en Suisse. J'ai craqué pour un groupe de Corydoras duplicareus (et non adolfoi comme indiqué sur l'étiquette de vente)

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J'ai également pris des Corydoras aeneus "Goldstripe" que je n'ai pas encore pris en photo parce qu'ils sont dans un aquarium dont la vitre est trop sale, il faudra attendre que je nettoie!!! Pour vous donner une idée c'est comme un Corydoras aeneus normal, mais avec une bande dorée le long du dos qui est du plus bel effet.
Tous ces poissons sont choisis dans le but de les élever et de proposer le fruit de cet élevage en bourse en Suisse et en France voisine. C'est pour ça que nous ne choisissons pas forcément les espèces les plus rares qui sont aussi celles qui sont le plus difficile à élever.

Sinon quoi d'autre? A Aquafisch on trouve vraiment de tout alors je ne vais pas vous faire la liste ici, mais pour donner une idée nous sommes revenus avec par exemple des fruits d'aulne, des feuilles d'amandier, des tubes à Loricariidés, une souche de daphnies, une pince à plantes metallique...

Sur le chemin du retour, pour ceux qui n'en auraient pas eu assez, on peut faire un crochet par
http://www.aquaristik-pascal.de/
Comme son nom l'indique, Pascal parle français. Il propose une grande variété de poissons en eau douce et eau de mer et nous avons donc continué notre shopping avec notamment des Pseudomugil furcatus:

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ou encore un petit percidé tout en devenir (pasque là vous allez me dire bof, c'est un poisson beige):

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le Badis badis.

Je me réjouis de vous reparler de tout ce petit monde dans la catégorie reproduction! (je crois très fort aux vertus de la pensée positive).


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10 février 2008

Ça fait trop mâle!

Un vent de guigne souffle ces derniers temps sur notre élevage. Rien de grave non, juste le truc qui fait mal, ou plutôt qui fait mâle devrais-je dire.

Il nous arrive fréquemment d'acheter nos poissons chez des éleveurs privés. Soit nous allons leur rendre visite chez eux (comme en Moselle l'été passé chez Arsène et Romain) soit nous les rencontrons aux bourses. Ceci nous permet d'acquérir des espèces quasi inconnues du commerce. Souvent les poissons qu'on ramène sont un poil trop petits pour être sexés avec exactitude. Et là soit tu as de la chance, soit pas. Et là ces temps c'est pas, mais PAS DE CHEZ PAS!

J'avais posté un sujet sur l'Apistogramma sp. "Pebas"

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Et déjà à l'époque je supputais que je n'avais peut-être pas de femelle dans le trio que j'avais acheté. Je supputais bien, il s'est effectivement avéré que mon trio était composé de 3 mâles. Retrouve l'éleveur et achète-lui des femelles me diras-tu. Facile à dire, déjà qu'on avait fait 250km (x2 si on compte le retour) pour participer à la bourse où on les a trouvés, et en plus quelqu'un qui fréquente les forums d'Apistos nous a dit que cet éleveur n'en n'a plus. Le temps qu'on leur trouve des nanas, je décide de les mettre au vert dans un bac plus spacieux, avec les Discus. Il ont très bien cohabité plusieurs semaines, ils sortaient pour manger jusqu'au jour où je me dis en moi-même et à la cantonade à la fois "Tiens ça fait longtemps que je n'ai pas vu les "Pebas"!". Ben y en a plus, et là je me mets à penser que finalement 3 mâles c'était pas si mal...

Et ça continue! On rentre de chez Arsène et Romain, deux passionnés des poissons arc-en-ciels, avec dans notre besace des trésors à faire grandir et à reproduire. D'abord le Glossolepis wanamensis, c'est lui:

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Si sa trombine semble familière c'est qu'on connait mieux son cousin rouge le Glossolepis incisus. Celui-ci est surnommé l'arc-en-ciel émeraude en raison de sa couleur vert-bleuté qui ne saute pas aux yeux sur mes photos j'avoue. Comme cette espèce n'est pas des plus simples à élever car ils mangent leurs œufs, nous n'arrachons à Arsène que 3 spécimens de sa petite progéniture. Ils sont difficiles à sexer car encore juvéniles. Chez nous ils sont placés dans un aquarium spécifique avec un mop pour une éventuelle récolte d'œufs et ils grandissent gentiment. Deux des 3 commencent à attraper une jolie bosse dorsale et de belles couleurs. On remarque qu'ils pourchassent souvent le plus petit qui porte désormais tous nos espoirs d'avoir des poissons des 2 sexes.

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Les mâles à la parade arborent une ligne jaune sur le front, de la bouche à la nageoire dorsale. Le jour ou j'ai vu notre présumée unique femelle se parer de cette ligne, j'ai perdu mes illusions de diffuser en Suisse cette espèce peu connue, en tout cas dans un proche avenir.

Et ce n'est pas fini, la Moselle me semble de plus en plus loin du Jura Suisse depuis que j'ai la certitude que nos 6 Rhadinocentrus ornatus ramenés du même voyage sont 6 magnifiques mâles!

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L'un d'eux, peu de temps après son acquisition.

Chez ce poisson, le dimorphisme n'est pas évident. Le mâle est un peu plus coloré et surtout, il déploie ses pelviennes lors des phases d'intimidation avec les autres mâles. Ses nageoires deviennent alors plus noires, la ligne rouge sur son front s'intensifie, un spectacle de toute beauté... sauf quand il est donné par la totalité des 6 poissons que nous possédons!

J'avais aussi fait un sujet sur nos L201, qui s'appelaient à l'époque Hypancistrus inspector et maintenant Hypancistrus contradens (si comme moi vous vous demandez pourquoi les poissons changent de nom, lisez ceci). Alors pour mes 3 compères, le doute subsiste encore, il faut que je demande confirmation à des spécialistes, mais vu la guigne qui pèse sur mon élevage ces temps-ci, je ne me fais pas trop d'illusions.

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Les voici ici lors d'un transfert de bac, ce qui explique la coloration marbrée du 3e dû au stress.

Par contre je tiens à finir ce sujet sur une note d'espoir. Une éleveuse de L201 rencontrée en bourse m'a donné 2 bébés qui vont j'en suis sure devenir de magnifiques femelles, le hic c'est que les poissons ne mesurent pour l'instant que 2.5 cm...

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16 janvier 2008

Il est bô il est frais mon lacustris

Cette histoire a pour décor une simple cuve nue abritant environ 40 Melanotaenia lacustris adultes destinés à la vente. Dans cette cuve nue flotte un écheveau de fibres de plastique utilisé parfois comme pré-filtre, mais ici il a le rôle de mop (entendez par là un support de ponte).

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Légende de la photo ci-dessus:
En bleu et blanc, de forme oblongue avec un cercle d'un côté du corps et un triangle de l'autre: les Melanotaenia lacustris.
En vert et d'apparence emmêlée (pas uniquement d'apparence, en fait) un aperçu du mop.
En brun dans la coin supérieur droit: un bout de racine qui n'a pas reçu de rôle dans cette histoire mais qui tente de taper l'incruste.

Alors que l'astre du jour laisse poindre dans l'obscurité les prémices d'une splendeur future Au moment où les néons de la fishroom s'allument, les poissons de ce bac s'adonnent à un curieux ballet aquatique. Et comme un écho à la naissance du jour nouveau, certains d'entre eux se parent de lumière (arrête ta prose à deux balles, ça commence à peser lourd de surlignage!). Ok, alors disons donc que les mâles dominants arborent une magnifique ligne jaune-blanc sur le front (de la nageoire dorsale à la bouche).

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Et tout à coup c'est parti, les mâles au front jaune choisissent une femelle et se jettent côte à côte dans le mop en frétillant. C'est un véritable orage d'éclairs jaunes qui fusent en tous sens.

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A la suite d'une bourse où notre stock de lacustris à vendre à bien diminué, je décide de sortir le mop pour faire éclore quelques œufs histoire d'assurer la relève. Ce mop, le voilà:

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Chaque petit point brun représente un alevin sur le point d'éclore, ce mop est donc pour le moins prometteur. Jour après jour, c'est 20 alevins de plus qui nagent à la surface du bac de 20 litres dans lequel trempe le mop, et toujours autant de petites billes brunes prêtes à éclore.

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Après 2 semaines j'enlève le mop, au risque de condamner quelques œufs encore non éclos, mais bon j'ai une bonne 200aine d'alevins qui nagent. Alors à la bourse de Lausanne dans quelques jours ce sera la vente à la criée "Il est bô il est frais mon lacustris!", il faut faire de la place dans les bacs.

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03 décembre 2007

Ya des fois c'est limite!

Ya des fois où tu as juste envie de dire STOP!

...

Ya des fois où la goutte d'eau qui fait déborder le vase c'est la suivante.

...

Ya des fois où tu as branché l'osmoseur pour remplir un bac d'élevage, et vu la vitesse de remplissage tu t'es permise de faire autre chose pendant ce temps...

...

Ya des fois où tu as de la chance, comme cette fois-là:


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Et puis il y a les autres fois... où tu éponges...

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22 août 2007

Pseudomugil connieae

La foule de mes fans en délire réclame mon retour sur la toile et bien me voilà! C'est que jacasser sur le ouaibe, moi j'ai pas que ça à faire, il a bien fallu que je parte 2 mois en vacances sous le soleil (même pas vrai, une semaine). Mais pendant ces vacances je n'ai pas pour autant perdu mon temps, loin de là. Et devant vos yeux ébahis je vais dévoiler le résultat d'une de ces errances aquariophiles qui nous a amenés dans l'est de la France, en Moselle, tellement près de la frontière allemande que si tu tendais le bras, pour peu ta main revenait garnie d'une saucisse et d'une bière.
C'est donc chez Arsène et Romain (qui?) que nous sommes allés dénicher pour vous (euh en fait plutôt pour nous) des spécialités australo guinéennes encore inconnues dans nos bacs. Ouvrez vos mirettes:

Des yeux d'un bleu azur, une crinière blonde flamboyante entourant un corps gracile et souple qui se joue des courants aquatiques, NON vous n'êtes pas devant un épisode d'Alerte à Malibu mais en train de contempler un Pseudomugil connieae:

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C'est promis, dès que j'ai une photo plus nette je remplace celle-ci.

Mais passons outre son physique de rêve et plongeons plus à fond dans sa vie privée. Cet habitant de Nouvelle-Guinée vit dans une eau plutôt alcaline (pH 7.7 à 8), d'une température de 24° à 27°. Il mesure de 5-6 cm et apprécie d'être accompagné de ses semblables. Un petit groupe de ces bougillons n'ont pas leur pareil pour animer un bac. Ce poisson convient pour des aquariums relativement petits, 60 litres en bac spécifique, on passera à 100 litres si on veut leur adjoindre un compatriote comme le Tateurndina ocellicauda par exemple.

Et voici maintenant une petite parenthèse historico-anecdotique. Quand ce poisson a été découvert initialement, il a été assimilé de manière erronées au Pseudomugil furcatus. C'est en 1981 que Gerald Allen corrige cette erreur et le rebaptise Popondetta connieae. Le nom de genre Popondetta a remplacé un temps celui de Pseudomugil, il désigne la ville de Papouasie Nouvelle-Guinée près de laquelle ces poissons ont été découverts. Et ce brave Gerald Allen étant un incorrigible romantique, il a baptisé l'espèce du prénom de sa femme Connie, ça nous donne connieae. C'est-y pas touchant tout ça? Du coup je m'en vais me renseigner si le scientifique qui a trouvé un nom au Pseudomugil gertrudae est bien marié à une dénommée Gertrude...
Et par le truchement d'un simple clic sur le web, j'ai déjà la confirmation que oui, Gertrude est bien l'épouse non pas du gars qui a décrit l'espèce, mais d'un autre scientifique qui a visité les îles Aru. Mais mettons un terme ici à cette digression qui nous aura au moins appris que ces scientifiques qui parcourent le monde à la recherche de nouvelles espèces n'ont qu'une chose en tête: leur femme! (...je vous laisse quand même méditer un moment là-dessus)

Revenons au connieae. Dans la littérature ou sur internet, on voit souvent la photo de la variété bleue:

P_connieae_GS
photo© Günther Schmida

trouvée sur cette page:

http://members.optushome.com.au/chelmon/Connieae.htm

Superbe hein?

Mais alors vas-y pour trouver ce bijou dans le commerce. Et comme un voyage en Papouasie n'est pas prévu sur mon agenda dans un proche avenir, il faudra vous contenter de la variété jaune.

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02 juin 2007

Apistogramma sp. "Pebas"

Quand je vous disais qu'on trouve des petits bijoux dans les bourses aquariophiles, en voici un acquis à la bourse de Cran-Gevrier (Annecy) il y a quelques semaines:
Apistogramma sp. "Pebas" Ce sont des F1, c'est à dire qu'ils sont de la première génération née de spécimens sauvages.

Voici d'abord des photos trouvées sur le site Natura Wild :

le mâle:

Pebas_male

la femelle:

Pebas_femelle

Je me demande d'ailleurs si Julien Saillard, qui a signé ces photos, n'est pas la personne qui m'a vendu mes poissons. Dans ce cas les poissons ci-dessus seraient des spécimens sauvages et pourraient même être les géniteurs des miens. Faut que je creuse la question, je vous tiendrai au jus...

Apistogramma sp. "Pebas" est un Apistogramma originaire du Pérou, "Pebas" indiquant le nom de la ville proche de l'endroit où ils ont été pêchés. Le mâle atteint 7-8 cm et la femelle 5. Ils vivent en eau douce et acide et pondent sur substrat caché.
J'ai acheté un trio. 2 poissons mesuraient 3-3.5 cm et 1 à peine 2 cm. Comme il était pour moi évident qu'un trio comporte 1 mâle et 2 femelles, j'ai omis de demander confirmation au vendeur. Il n'était peut-être pas encore possible de les sexer avec certitude d'ailleurs. Aujourd'hui les 2 plus grands mesurent environ 4 cm et le plus petit 2.5 cm. Les 2 grands doivent être des mâles, ils commencent à avoir des jolis reflets bleutés et sont plutôt agressifs l'un envers l'autre, avec une domination assez claire de l'un d'entre eux. J'espère de tout mon coeur que le petit et une femelle. Moins coloré, il ne présente pas encore la robe caractéristique de l'un ou l'autre sexe. Les nageoires pelviennes un peu noires font penser à une femelle mais ce n'est pas un critère 100% fiable selon le vendeur.
Voici le mâle dominant:

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et ma présumée femelle (croisons les doigts). Elle est un peu stressée sur cette photo, normalement elle n'a pas autant de taches noires.

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Ces poissons vivent dans un aquarium de 60 litres planté comportant de nombreuses cachettes. Ils se partagent ce bac avec 3 Nannostomus mortenthaleri et 2 Nannostomus marginatus rouges qui viennent aussi du Pérou. La cohabitation se passe bien puisque les poissons ne partagent pas la même zone de nage. Les Apisto mangent bien et de tout (paillettes, granulés, artemias et larves de moustique congelées). Je mets encore régulièrement des nauplies d'artemias dans ce bac pour les Nannostomus  et les Apistos se précipitent aussi dessus. Je vais faire grandir tout ça et j'ajouterai quelques photos.

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24 avril 2007

Des Tetra sang (Hyphessobrycon eques) ch'te jure!

Alors là je saute au plafond et je tombe au dos (ben oui, à moins d'une manipulation génétique l'être humain n'est pas fait pour les plafonds).
J'essplique: je m'étais mis en tête de reproduire des Tetra sang (Hyphessobrycon eques).

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Il me reste 4 poissons des 10 que j'avais acheté jadis dans une jardinerie pas chers et malades. Souvenez-vous ils avaient filé des points blancs à tout le bac amazonien, j'avais transformé mon bac en grand bleu de méthylène. Bref sur ces 4 je distingue 3 femelles et un mâle. Je me renseigne sur le ouaibe et je vois qu'il est pas facile mais possible de les reproduire, alors je prépare un petit bac de 25x40x25 cm, des cailloux ronds par terre (j'ai pas sous la main de quoi fabriquer un grillage pour protéger les oeufs qui tombent de la voracité des parents, ni des billes de verre, alors je remplace par des cailloux ronds), un petit filtre exhausteur d'angle avec perlon et un peu de tourbe de l'eau du bac amazonien et de l'eau osmosée.
Et là je commence mes essais. Les poissons sont introduits dans le bac en fin de journée, le matin avant l'allumage j'obscurcis le bac avec un carton de pampers baby dry taille 5 (faut être précis), je joins l'image à l'écrit:

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Je laisse les poissons 24 ou 48h, je les repêche en veillant à ne pas laisser entrer de lumière (c'est pas la partie la plus facile), ensuite j'attends 48h et j'enlève progressivement les protections.
J'ai fait ce manège 3 fois sans résultat, j'ai tenté une 4e fois en me disant que si ça ne marche pas j'utilise ce bac pour autre chose. Premier jour après enlèvement des protections, rien à signaler (je cherche des alevins accrochés aux vitres). Hier je revérifie histoire d'être certaine que ce bac est bien vide avant d'y mettre des titteya à pondre et Youpiiiiiii!:

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Le petit papier collé c'est pour pouvoir faire la netteté sur la vitre, pas terrible comme qualité. Mais ces petits trucs on les voit à peine. Celui-là c'est mieux:

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Je suis tellement folle de joie que je passe mon temps à m'auto-congratuler plutôt que de tester les paramètres de mon eau pour voir dans quelles conditions cette ponte à réussi, je ferai ça demain.
Bon maintenant ça va pas être de la tarte à nourrir tout ça. Pas assez nourris ils meurent, trop nourris ils meurent, les paramètres de l'eau changent trop brusquement ils meurent. Que du bonheur en perspective! Allez, encore une petite tape dans le dos pour la route et après j'arrête l'autosatisfaction.

Un jour passe, puis un autre, je compte les alevins visibles et y a pas de quoi pavoiser. J'en vois 4... Mais quand même, ils vivent.
Voici les paramètres de l'eau dans laquelle ils sont nés: pH 7.5, gH 5, conductivité 175 micro Siemens, température 26°. Ce pH convient pour leur maintenance mais il leur faudrait une eau à peine plus acide pour la repro.
Une semaine après j'en vois toujours 4 qui nagent en pleine eau mais qui se réfugient souvent contre les vitres, ce qui représente pour moi un avantage non négligeable quand il s'agit de les prendre en photo:

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Ce petit bidon tout blanc est rempli de paramécies du lait. Je complète avec une nourriture liquide pour alevins achetée dans le commerce, histoire d'être certaine qu'ils trouvent à manger.
Ce petit exploit ne fait pas de moi une éleveuse de Tetra sang, mais maintenant que je sais que mes géniteurs produisent des alevins viables, je vais persévérer en améliorant les conditions (grille de séparation, pellicule de tourbe sur le fond).
La pensée du jour est donc: Patience et longueur de temps valent mieux que force ni que rage.

Edit 23 mai
Une horde de fans en délire me réclamant des nouvelles de mes Tetra sang (bon d'accord, juste Jakez, mais il mérite à lui seul que je prenne la plume, euh, le clavier), voici donc un petit topo sur la suite de événements.
Devant me yeux ébahis, les 4 alevins sont devenus 14 alevins au fur et à mesure qu'ils grandissaient et devenaient moins timides. J'ai pêché un cadavre, il doit donc rester à l'heure actuelle une treizaine d'alevins de un mois.

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Ils s'explosent le ventre de nauplies d'artemia et se sont vu adjoindre des colocataires: une autre treizaine d'alevins de Puntius titteya du même âge, mais un peu plus grand qu'eux. A un mois, les Tetra sang mesurent environ 12-13 mm et les titteya 15 mm. Les Tetra sang sont très timides et se cachent constamment dans la mousse de Java ou entre les pierres.


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Edit 1er juin:

A 1 mois 1/2, les alevins ressemblent leurs parents en version miniature. Ils mesurent environ 15 mm.

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16 avril 2007

Ponte de Scalaires

Il était une fois, dans l'aquarium communautaire de ma maman, un couple de Scalaires qui pondait régulièrement, pour le plus grand bonheur des autres habitants du bac (surtout les Tetra empereurs) qui en profitaient pour se taper une bonne portion de caviar de Scalaire.
Tous ces bébés potentiels qui finissent dans des estomacs voraces ça me foutait malheur, alors j'ai pris le couple en pension dans le but d'élever quelques Scalaires. Les parents ont été placés dans un bac carré de 100 litres, équipé d'un filtre composé d'un bloc de mousse bleue coupant le coin du bac avec une petite pompe de rejet derrière. Il s'agit en fait de la moitié d'un bac de 200 litres acheté d'occase chez un ancien éleveur de Discus. J'ai mis comme support de ponte une racine à la verticale et un cône de ponte pour Discus, "ça va le faire", me suis-je dit en moi-même remplie d'espoir.
Un mois plus tard et toujours pas l'ombre d'un oeuf, malgré des changements d'eau fréquents avec de l'eau partiellement osmosée et une nourriture riche comme du congelé et du vivant (des mouches, eh oui, les Scalaires mangent des drosophiles). Le mâle semblait très intéressé par la présence dans le bac voisin d'un autre grand mâle Scalaire, j'ai donc mis un écran entre les 2 bacs. Quelques semaines plus tard, j'ai installé un écran contre la vitre centrale qui sépare le bac en deux, pour que le couple ne soit pas non plus dérangé par les Melanotaenia praecox qui pondent à côté. Que pouic! Toujours rien.
Je fais le tour de ce qui peut clocher en procédant par élimination: les paramètres de l'eau conviennent aux Scalaires, elle est propre, le couple n'est plus dérangé, la nourriture est riche, ils ont des supports de ponte... reste la filtration. Le rejet de la pompe se fait par un simple tuyau 5 cm sous la surface et il est assez fort, ce qui génère un fort courant dans le bac. Pour casser le jet, je mets une crépine sur le bout du tuyau. Et là quelques jour plus tard c'est BINGO!!!

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Le couple nettoie le cône de ponte tout l'après-midi... et toute la soirée...et encore le lendemain matin. Et puis:

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La femelle (tête jaune) dépose les oeufs de bas en haut et le mâle passe derrière pour les féconder. les parents surveillent la ponte en alternance, avec il est vrai quelques prises de becs. On peut considérer que c'est un couple inexpérimenté puisqu'ils n'ont jamais pu garder un oeuf.
Le lendemain matin, une partie de la ponte a disparu, il y a quelques escargots au milieu des oeufs, je les enlève, les parents continuent de surveiller la ponte. Le jour suivant, tout a disparu. Pas grave, maintenant que les conditions sont bonnes les pontes vont être régulières, on va laisser les parents prendre de l'expérience et si les pontes continuent à être mangées on prendra des mesures. 10 jours après, nouvelle ponte, cette fois les parents mangent les oeufs le jour suivant. Je ne désespère pas, et je vous donnerai des nouvelles en mettant à jour ce message quand il y aura du nouveau.

Posté par Melanomaniac à 08:19 - Reproduction - Commentaires [4] - Permalien [#]